Lettre ouverte à l’UGTG
N’est ce pas là une des caractéristiques des dictatures, et autres processus d’aliénation de la pensée, que d’arguer du manque de conscience d’un peuple, pour lui en substituer la sienne, plus élevée, plus éclairée ?.
La conscience d’une problématique, est une première étape, mais pas le mode opératoire, quant à la résolution de cette dernière. De plus l’exercice de la conscience des plus avisés, ne doit t’il pas s’exercer à travers la légitimité, et l’investiture de la masse ?
La conscience, plus ou moins éclairée n’est t’elle pas le reflet plus ou moins déformé d’une seule et même réalité ?. Dés lors, nier à certain l’appréhension de sa réalité particulière, revient à s’affranchir, de la source, dont on prétend rendre compte. On tombe alors dans une vision autocentré, alimenté par la force d’abstraction, et de créativité de son propre mental. Aussi on reconnaît le niveau d’une conscience, dans la justesse de son action, et celle-ci, dans la reconnaissance et l’acceptation qu’en fera le plus grand nombre
Partant du principe, qu’il faut fédérer un maximum de guadeloupéens autour de notre lutte, et afin de juguler le clivage décisif qui se dessine entre, les « pros et les antis UGTG », je vais prendre un parti pris. Je me pose délibérément et autant que faire ce peu, du point de vue des « ugtg kay tro loin », « yo bizoin ba moun fwèt en pay la sa », et autres « cé toujou guadloupéyen ka pren fé adan sa » etc. N’étant pas un spécialiste des communiqués écrit, il se peu que le second degré caractéristique de mon expression orale, ne soit pas retransmis ici au mieux, et puisse même parasité le fond de ma pensée. Somme toute j’assume les limites de ce mode d’expression, en me voulant un peu « l’avocat du diable ».
Peu t’on faire du syndicalisme patriotique en se coupant de la base ?
C’est la question que je pose à mes compatriotes syndicalistes, qui face à la stratégie militaire mise en place par le gouvernement, avec l’arrestation du frère mada, répondent avec force conviction et naïveté (atavisme qui caractérise ce peuple de coléreux susceptibles dixit…… ;) à ce test opérationnel qui leur est proposé.
Car il relève de la stratégie militaire pure, qu’un bon ennemi est un ennemi clairement identifié. A la vue de la situation, ce test d’évaluation des forces réelles de l’ugtg, avec pour objectif à terme son démantèlement, répond de manière inespéré au stratagème mis en place. Cependant, tout système générant son contraire, cette manœuvre permet aussi aux forces syndicales, d’engager l’épreuve de force et de mettre le nouveau préfet à l’épreuve. Je reviendrai sur cette stratégie du pourrissement, ses avantages et risques un peu plus loin.
Il suffit de se déconnecter 5 mn de radio tambou , descendre dans la rue et prendre le pouls des guadeloupéens (en écoutant simplement, discutant en toute neutralité, générant la polémique…) pour constater que l’ère est au changement, changement tout court, on ne sait pas vraiment ce que l’on veut , mais on sait clairement se que l’on ne veut plus.
On ne sait pas non plus pourquoi on ne veut plus, on veut tout simplement du changement. Voir la mésaventure de notre moso fé ,dame de fer local, qui se croyant toute puissante, a subit le courroux populaire, qui pour la première fois a pu tester le pouvoir de son bulletin de vote.
Le temps est à l’émancipation de l’individu face à l’intérêt collectif. Nous voyons là un des corollaires du capitalisme international, qui dans son aspect marchandising, et de propagande promet à chacun la réussite personnelle. Dès lors, le leadership, d’un seul homme se verra contesté par celui de chacun, ce que l’on appel communément « la boss attitude ». Sous nos latitude cette expression est dotant plus exacerbé, que nos dirigeants se voient démasqués au grand jour, à travers ce que l’on appel la « délinquance à col blanc ». Chez les plus jeunes abreuvés par l’américan way of life, distillé par les BET et autres magazines branchés, le choix du modèle est vite fait. choix vite fait, entre un gangsta rap, chaînes en or , gros l’auto , et sexe à gogo, et une girouette sans envergure qui récite son évangile, en égrainant, fier comme un coq gaulois, le chapelet inconsistant des poncifs, et autres miettes à la becqueter de Marianne . La jeunesse de ce pays à certainement une intégrité politique bien plus avancé que beaucoup de nos chefs dédili, dédyl, enfin bref, pas besoin de dictionnaire pour comprendre débilité . J’abandonnerai la ce style pamphlétaire, en laissant à d’autres plus habiles pour faire des tous maux, phrasé et ritournelle belle
Dès lors l’individu qui navigue à merveille dans cette espace de cocagne assisté, que lui a mis à disposition, à une époque donnée, une certaine politique coloniale, surfe avec adresse sur les immondices du consumérisme et du fé bébél. On consomme de tout, du mac do comme des autos, du mariage, de l’amitié, du syndicat, c’est à dire uniquement lors que l’intérêt personnel est menacé.
Cependant l’émotivité et la sensibilité d’un peuple évolue lentement, surtout lorsqu’elle à été forgée dans la réactivité face à un système impérialiste, qui n’a eu de cesse d’évolue au fil du temps. Aussi nos chers colons avaient bien compris une chose c’est « que la pire chose pour un nègre c’est le sentiment d’injustice, alors prenez garde de ne jamais nourrir de sentiments d’injustice ou tout au moins s’arranger pour qu’il le soit par l’un des leurs » (ce ne sont pas exactement les termes, mais l’idée y est).
Hors aujourd’hui, le sentiment général est que le syndicat ugtg alors même qu’il combat l’injustice patronale et coloniale, n’a d’autres méthodes que de retourner cette injustice contre ses propres compatriotes. C’est comme si par un pervers effet de miroir, on finit par s’identifier à ceux qui nous renvoient l’image la plus négative de nous même. Ne sommes-nous pas ici dans le syndrome de l’otage qui fini par épouser la cause de son ravisseur ou du flic ripoux, d’avoir trop côtoyer les gangsters ?
Dans tout les cas de figure, nous sommes bien face à un phénomène d’injustice, qu’il soit le fait d’un manque de compréhension, d’information, ou de manipulation des masses, on ne peut nier à un homme, à plus forte raison à un groupe, le sentiment qu’il éprouve.
Ce syndicat, de part le travail qu’il a déjà effectué, de la conscience patriotique qu’il a su éveiller, et de la symbolique qu’il incarne, se doit d’évoluer dans le contexte socio culturel qui le nourrit. Dés lors il ne peut s’épargner le luxe de la mise à jour, de l’examen de conscience, et de l’autocritique, et surtout la validation du sens de son combat. Il ne peut dilapider sur l’autel du jusqu’auboutisme, et du sacrifice inhérent à toutes luttes, le capital confiance que lui a légué des générations de sympathisants et le génie stratège de nos guerriers marrons.
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